Comprendre ses comptes

A quoi correspondent les produits et charges ? Comment est construit le résultat ? Lire son compte de résultat et son bilan n’est pas inné. Voici quelques explications pour tout comprendre.

Produits et charges : des notions pas si simples...

Le compte de résultat regroupe l'ensemble des produits et charges de l'exercice. La différence entre ces deux composantes mesure la capacité de l'entreprise à dégager un bénéfice.
Cette définition paraît d'une simplicité désarmante. Les choses apparaissent moins évidentes si l'on prend soin de définir certains termes.

  • Les produits de l'exercice sont, pour l'essentiel, les ventes réalisées ou la production de l'année. Les montants comptabilisés correspondent à l'ensemble des factures émises ou des travaux réalisés, qu'ils soient facturés ou en cours de réalisation, encaissés ou non.
    Par exemple, une vente réalisée au 30 décembre 2011 sera comptabilisée dans le chiffre d'affaires 2011, même si son encaissement doit intervenir sur l'exercice 2012.
  • Les charges de l'entreprise comprennent les achats de marchandises revendues sur l'exercice (ce qui signifie que les marchandises stockées ne sont pas déduites du résultat), les frais généraux (publicité, assurances, carburant...), les impôts et taxes (taxe professionnelle, CSG-CRDS), ainsi que les frais de personnel, les intérêts d'emprunt ou encore les amortissements.
    Comme pour les produits, les charges sont comptabilisées même si elles ne sont pas décaissées.

Investissements, amortissements et autres subtilités

D'autres particularités méritent d'être précisées : celles qui touchent à la prise en compte des investissements et de leur financement, mais aussi à la comptabilisation des rémunérations pour le chef d'entreprise individuelle.

La plupart pensent que la charge d'emprunt correspond au remboursement effectué auprès de la banque. Mais, d'un point de vue comptable, seuls les intérêts remboursés sont considérés comme une charge. Ce n'est pas le cas du capital, assimilé au remboursement d'une avance. Ce qui « appauvrit » l'entreprise, ce sont les intérêts.

C'est la même logique pour les investissements, pris en compte au travers de l'amortissement, qui ne donne pas lieu à une sortie de trésorerie .
Il consiste à calculer la somme qu'il faudrait mettre de côté chaque année pour pourvoir au remplacement de l'investissement au terme de sa durée de vie. Par exemple, un véhicule acheté 20 000 €, avec une durée de vie de 5 ans, représente un amortissement annuel de 4 000 €.

Autre exemple de traitement comptable, la rémunération du chef d'entreprise.

  • Dans une société, la rémunération du dirigeant vient en déduction du bénéfice soumis à l'impôt sur les sociétés.
  • A l'inverse, en entreprise individuelle, les prélèvements personnels du chef d'entreprise ne sont pas déductibles. Fiscalement et socialement, on considère que le bénéfice correspond à la rémunération du chef d'entreprise. C'est sur cette base que seront calculés impôt sur le revenu et charges sociales.

Du résultat comptable à la trésorerie

Une fois cet inventaire réalisé, il devient facile de mesurer les différences, parfois importantes, qui peuvent exister entre la comptabilité et la perception du chef d'entreprise guidé au quotidien par sa trésorerie.

Imaginez une entreprise du bâtiment avec un chiffre d'affaires de 100 000 €.

La production non facturée, car en cours de réalisation, représente 10 000 €. Une partie des matières premières achetées (30 000 €) est en stock (5 000 €). Les remboursements d'emprunt représentent 10 000 €, dont 2 000 € d'intérêts.
Les seuls investissements réalisés concernent un véhicule amorti à hauteur de 3 000 € par an.
Les délais de règlement client et fournisseurs sont de 30 jours. La rémunération du chef d'entreprise représente 30 000 €.

Côté analyse comptable, tout va bien : l'entreprise dégage un bénéfice de 55 000 €.
A l'inverse, lorsqu'on prend en compte les mouvements financiers réels, le solde bancaire est de zéro. Le chef d'entreprise a donc une perception plus tendue de sa situation.
D'où la nécessité de comprendre comment sont bâtis les comptes pour avoir une vision objective.

  COMPTABILITE   TRESORERIE
Travaux facturés 90 000 Travaux facturés 90 000
Travaux en cours 10 000 Non réglés par client 7 500
Chiffre d’affaires 100 000 Travaux encaissés 82 500
Achats matières 30 000  chats de matières 30 000
Stocks de matière 5 000 Achats non réglés 2 500
Achats consommés 25 000 Achats payés 27 500
Autres charges 15 000 Autres charges 15 000
Intérêt emprunt 2 000 Annuité d'emprunt 10 000
Amortissements 3 000 Rémunération du dirigeant 30 000
       
Résultat comptable 55 000 Solde bancaire 0